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Procès à la CPI - Le camp Gbagbo « cherche à museler les victimes » selon la Représentante légale des victimes

26 octobre 2018 - 13:10

Dans une requête adressée récemment à la Cour, la défense de Laurent Gbagbo a demandé aux juges de ne pas considérer les dernières soumissions de la Représentante légale des victimes. Cette dernière s’est prononcée sur la question en critiquant la démarche du camp Gbagbo.

Par Abraham Kouassi

Emmanuel Altit, avocat principal de Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI) avait plaidé dans une requête en date du 15 octobre 2018 pour un rejet par les juges des soumissions déposées par la Représentante légale des victimes (RLV) au sujet de la demande de non-lieu introduite par le camp de l’ex-chef d’Etat.

Dans le document déposé devant le juge Cuno Tarfusser, l’avocat français avait invité la Cour à ne pas tenir compte de ces observations au motif que « la RLV a préféré jouer le rôle de second Procureur ». Le leader de la défense de Laurent Gbagbo a par ailleurs indiqué que les observations soumises par la représentante des victimes ne sont pas « concises et détaillées ».

Lire aussi : Procès Gbagbo : Voici la nouvelle demande de la défense de l’ex-président

En réaction à cette requête, Paolina Massida, représentante légale des victimes a déposé une réponse devant les juges. Dans son document de 15 pages en date du 24 octobre 2018, la RLV critique de façon virulente la démarche du camp Gbagbo.

« En demandant le rejet des soumissions orales de la Représentante légale, la Défense de M. Gbagbo interprète erronément et dénature la décision du 21 septembre 2018, tout en tentant vainement de limiter sa charge de travail et, une fois de plus, tente de museler les victimes admises à participer au procès en confirmant une incompréhension fondamentale du rôle que celles-ci sont appelées à jouer dans les procédures », dénonce Paolina Massida.

Très offensive, la RLV qui dit « avoir fait preuve de beaucoup de patience face aux attaques répétées de la défense de Gbagbo  qui, sans aucun fondement juridique et en complète ignorance de la jurisprudence de cette Cour, continue sans relâche de tenter d’empêcher les victimes admises à participer au procès » assimile la demande d’Emmanuel Altit à « de la mauvaise foi ».

A l’en croire, la position du camp Gbagbo « démontre un manque flagrant de respect envers les victimes qui, comme l’indiquent les décisions de la Chambre, ont subi un préjudice en lien direct avec les événements relevant de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire ».

Lire aussi : Procès Gbagbo - CPI : L’audience reportée à la demande des équipes de défense

Paolina Massida a donc invité les juges de la Chambre de première instance I à rejeter la requête déposée il y a près de deux semaines par Emmanuel Altit. Pour rappel, la reprise des audiences dans le procès est prévue pour le mois de novembre avec l’exposé des arguments de la défense sur la question de la demande de non-lieu.

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