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Modification de la Constitution : Une option pour écarter Bédié de la course en 2020

9 août 2019 - 19:08

Le chef de l’Etat ivoirien, Alassane Ouattara s’est livré à une interview en lieu et place du traditionnel discours à la nation à la veille de chaque célébration de la fête de l’indépendance. Ainsi le 6 aout 2019, le chef de l’Etat a annoncé une possible u modification de la constitution de 2016.

Par Sain Laurenzo Yapo

A la veille des élections présidentielles d’octobre 2020, la Côte d’Ivoire se retrouve déjà confrontée à des conflits d’intérêt ; La guerre des ex-alliés pointe à l’horizon. Le chef de l’Etat envisage une modification pure et nette de la constitution de 2016. Selon des indiscrétions, le chef de l’Etat entend réinstaurer le verrou de la limite d’âge aux candidats à la magistrature suprême. A y voir de près, cette volonté d’Alassane Ouattara est comparable à du « taillé sur mesure », en vue d’écarter le président du PDCI, Henri Konan Bédié de la course au pouvoir.

« La modification de la Constitution doit être un processus qui dépend de l’opinion. Nous avons une Constitution depuis 2016. On l’a pratiquée. Il est clair qu’il y a des choses qu’il faut modifier dans la Constitution, mais ce n’est pas pour recaler des candidats. Non », a répondu le chef de l’Etat sur la question de la modification de la constitution. Une réponse qui laisse présager du futur. Même s’il ne le dit pas clairement, Alassane Ouattara montre que l’épée de Damoclès pèse sur le président du PDCI son ex-allié. Celui-ci ayant milité en son temps pour l’adoption de cette constitution qui donne, en son article 177, des pouvoirs étendus au chef de l’Etat ivoirien.

Le verrou de l’âge limite a été levé pour permettre selon des acteurs de la vie politique, à Henri Konan Bédié d’être candidat en 2020 s’il le souhaitait selon les accords du RHDP. Chemin faisant, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié ont rompu leur alliance. Du coup, le Sphinx se retrouve de l’autre côté de la rive en tant qu’opposant. Il milite depuis peu pour une plateforme de l’opposition avec l’ex-président Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, un autre ex-allié du régime.

Cependant, Alassane Ouattara, avec les pouvoirs que lui confèrent la Constitution qui a été votée avec le soutien total d’Henri Konan Bédié; peut décider en toute quiétude de l’écarter en remettant juste la limite d’âge, vu la configuration du Parlement ivoirien et même du Sénat qui lui sont acquis. Le président du PDCI, Henri Konan Bédié pourrait ainsi être recalé par la constitution qu’il a lui-même appelé à voter en 2016, lorsqu’il mangeait encore à la ‘’table royale’’.

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