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Massacre de femmes à Abobo : La défense de Gbagbo dénonce une « mise en scène »

13 novembre 2018 - 18:11

Au deuxième jour de sa plaidoirie en faveur d’un acquittement de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, la défense de l’ex chef d'Etat s’est exprimée sur la mort présumée des 7 femmes à Abobo en mars 2011.

Par Abraham Kouassi

C’est l’un des incidents reprochés à Laurent Gbagbo. L’affaire du massacre présumée des 7 manifestantes à Abobo le 3 mars 2011 a été au menu de la plaidoirie des avocats de la défense de Laurent Gbagbo ce mardi 13 novembre 2018 à La Haye.

Lors de l’audience sur la demande d’acquittement de Laurent Gbagbo, Jennifer Naouri, membre de l’équipe de défense de l’ancien chef d’Etat a mis en doute l’existence même de l’incident.

« Il s’agit d’une mise en scène pour accuser les Forces de défense et de sécurité (FDS) », a souligné l’avocate française. Pour corroborer ses dires, Jennifer Naouri a relevé les insuffisances que présentent selon elle la vidéo, élément principal de preuve concernant ce drame présumé.

« Les métadonnées disent que les images n’ont pas été filmées en mars 2011 et non en mars 2011 ce que le Procureur prétend être un évènement déroulé le 3 mars 2011 semble avoir été filmé en janvier 2011.  Comment se fait-il que Sira Dramé, grande organisatrice de la marche du 3 mars 2011, ne soit sur aucune image ? Surement parce que ces images ne datent pas du 3 mars 2011 », a souligné l’avocate pour qui, le procureur veut « réécrire l’histoire ».

Lire aussi : Procès Gbagbo-Une habitante d’Abobo à la barre : « Chaque jour les gens nous bombardaient »

Pour ce qui est de la situation générale à Abobo, la collaboratrice d’Emmanuel Altit assure que la commune ne comptait en son sein qu’une véritable force militaire : les troupes pro-Ouattara qu’elle a présenté tout au long de son exposé sous le vocable ‘’rebelles’’.

« Dès février 2011, les FDS ont été obligés de fuir Abobo. Selon un témoin, c’était les FRCI qui faisaient la sécurité à Abobo entre février et mars 2011. Le 3 mars, le jour de la manifestation, c’étaient les rebelles qui tenaient Abobo. Le Chef d’Etat-Major des armées a expliqué que le FDS étaient confinés au camp militaire et ne pouvaient sortir. Le Commandant du CECOS a confirmé que le camp commando était le seuil endroit où il y avait des gendarmes à Abobo en mars 2011. Si le Procureur avait écouté ses propres témoins il n’aurait pas affirmé qu’il y avait des FDS à Abobo à même de mener des opérations militaires », a-t-elle relaté.

Le procureur comme un « expert de la NASA »

Maitre Jacob, autre membre de l’équipe de Laurent Gbagbo s’est également exprimé lors de l’audience du jour. Comme ses confrères, il a mis en doute les preuves de l’accusation. 

« Les preuves du procureur sont pauvres », a-t-il dit. Offensif, il n’a pas hésité à comparer la thèse du procureur à la fiction. « Suivre le procureur dans sa démarche, c'est comme suivre un expert de la NASA qui dit que la probabilité d'existence d'extra-terrestre est mince et venir donner raison à un fermier qui dit avoir vu de petits hommes verts dans son champ », a relaté l’homme de droit.

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Comptes rendus des Audiences

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