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Liberté d’expression, démocratie : Amnesty International dénonce des dérives du pouvoir Ouattara

12 février 2019 - 10:02

Dans un rapport diffusé ce lundi 11 février 2019, Amnesty International a livré son regard sur la situation en Côte d’Ivoire. Le document présente un état des lieux alarmant de la démocratie, la liberté d’expression et les droits humains dans le pays.

Par Abraham Kouassi

La liberté d’expression ainsi que les droits humains en général ont été maintes fois agressés en Côte d’Ivoire ces derniers mois. C’est l’information principale qui ressort du rapport produit et diffusé par Amnesty International.

Diffusé ce lundi 11 février 2019, le rapport de l’ONG jette un regard pour le moins critique sur certaines actions du pouvoir d’Abidjan. « Les autorités ivoiriennes continuent d’utiliser des dispositions juridiques de répression pour arrêter et placer en détention de façon arbitraire celles et ceux qui expriment leur désaccord, notamment des journalistes et des militants politiques. Depuis l’examen précédent, on compte au moins 17 cas de détention de journalistes et de blogueur », décrit l’organisation fondée en Grande-Bretagne.

Pour Amnesty International, la liberté de réunion a été souvent remise en cause par l’Exécutif ivoirien. « Les réunions pacifiques organisées par des organisations de la société civile et par des groupes d’opposition sont régulièrement interdites et dispersées par la police et la gendarmerie, qui font usage d’une force excessive, surtout en période électorale. Depuis le dernier EPU, un grand nombre de personnes ont été arrêtées uniquement pour avoir exercé de manière pacifique leur droit à la liberté de réunion », peut-on lire dans le document.

Poursuivant, l’organisation rappelle « qu’au moins 40 étudiants ont été arrêtés en septembre 2017 suite l’organisation par la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire de manifestations dans tout le pays pour dénoncer les violences policières et la hausse des frais d’inscription à l’université. Une étudiante a indiqué que la police l’avait interpellée avec des amis dans sa chambre et battue. Certains des étudiants arrêtés avaient jeté des pierres sur des policiers, mais les autres n’avaient pas usé de violence. Ils ont tous été inculpés de trouble à l’ordre public et remis en liberté provisoire au bout de 20 jours ».

L’ONG fait également cas de mauvais traitements et de tortures notamment dans les locaux de la Direction de la surveillance du territoire (DST) où, des « aveux sont obtenus sous la contrainte ». « Amnesty International continue de collecter des informations sur les cas de torture et d’autres mauvais traitements en Côte d'Ivoire, notamment à la Direction de la surveillance du territoire (DST), fait savoir l’organisation, dans les postes de police et de gendarmerie ou lors de manifestations. Aucune poursuite judiciaire n’a été engagée contre les responsables présumés d’actes de torture et d’autres mauvais traitements ou contre leurs supérieurs hiérarchiques ».

Dans son rapport de 27 pages, l’organisation aux sept millions de membres à travers le monde a également fait des recommandations aux autorités ivoiriennes. Notamment, sur la question de la justice.

Ainsi, Amnesty a invité les autorités ivoiriennes à « Faire en sorte que les mesures d'amnistie, de grâce et autres mesures d'impunité ne puissent pas faire obstacle aux enquêtes et poursuites dans les cas d’infractions relevant du droit international et prendre des mesures pour veiller à ce que les victimes aient accès à la vérité, à la justice et à des réparations adéquates ».

Abidjan a par ailleurs été appelé à « coopérer pleinement avec la Cour pénale internationale, comme la Côte d’Ivoire s’y était engagée, notamment en transférant les personnes qui sont recherchées par la Cour pour les crimes relevant de sa compétence ».

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