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L'avocat de Gbagbo demande une mise en liberté "sans conditions" et se justifie: "Il pourrait être amené à poser sa candidature"

8 octobre 2019 - 17:10

Dans un courrier adressé à la chambre d’appel de la Cour pénale internationale (CPI), Emmanuel Altit, avocat principal de Laurent Gbagbo a appelé à une levée des restrictions à l’encontre de son client placé en liberté sous conditions.

Par Abraham Kouassi

En liberté sous conditions depuis son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI), Laurent Gbagbo vit en Belgique avec plusieurs restrictions. L’ancien chef d’Etat ne veut plus de cette situation et c’est son avocat principal qui l’a fait savoir.

Dans un courrier adressé aux juges de la Chambre d’appel de la CPI, Emmanuel Altit a appelé à une mise en liberté sans conditions de l’ancien président ivoirien. Dans son document, l’avocat français n’a pas hésité à évoquer un possible retour de Laurent Gbagbo au sein du jeu politique.

« Laurent Gbagbo pourrait en effet, à la demande de responsables politiques du pays, être amené à participer à la campagne ou même être amené, par hypothèse, à poser sa propre candidature. Si tel était le cas, le régime restrictif de liberté mis en place par les Juges de la Chambre d’appel, s’il était maintenu, interdirait à Laurent Gbagbo de participer à la campagne présidentielle. Etant empêché par les Juges de la Chambre d’appel de quitter le territoire Belge et de se rendre en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo est de facto empêché par eux de participer à la vie publique de son pays », a écrit Emmanuel Altit .

Selon la note déposée devant la chambre présidée par le juge nigérian Chile Eboe-Osuji, Laurent Gbagbo doit être considéré comme un acteur de la réconciliation en Côte d’Ivoire et être mis en liberté de façon immédiate.

« Personnalité majeure de la vie politique ivoirienne, figure populaire dans toute l’Afrique, Laurent Gbagbo est au cœur du processus de réconciliation en Côte d’Ivoire. Des personnalités de tous bords, responsables politiques, membres de la société civile, réclament depuis son acquittement qu’il participe activement à la vie publique du pays et à la réconciliation. Les responsables ivoiriens, y compris le Président Bédié, l’ancien allié d’Alassane Ouattara, ont publiquement appelé de leurs vœux la participation du Président Gbagbo à ce processus », poursuit Me Altit.

« L’enjeu ici est donc bien celui du respect absolu de la liberté d’un acquitté par la Cour pénale internationale. Une fois que la Chambre d’appel aura restitué à Laurent Gbagbo l’ensemble de ses droits, il sera libre de discuter avec quelqu’Etat que ce soit de la possibilité de se rendre ou de séjourner dans cet Etat (y compris la Belgique) », ajoute l’avocat.

Pour rappel, depuis son acquittement, Laurent Gbagbo vit en Belgique. Les droits empêchés par  sa mise en liberté selon son avocat sont les suivants : « le droit de s’exprimer en tant que militant ou responsable politique, le droit de participer publiquement à la détermination du programme d’un parti politique, le droit de participer à des meetings politiques, le droit de participer à des émissions radio, télévisées, dans lesquelles il serait fait mention de sa carrière politique ou de sa vision politique, le droit de pouvoir répondre aux questions de journalistes ou d’historiens concernant sa carrière ou sa vision politique, le droit de donner sa vision de la réconciliation ».

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