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Elections en Côte d’Ivoire : Voici comment la CEI doit être réformée

24 octobre 2018 - 15:10

En application de la décision de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples,  Alassane Ouattara, dans son discours du 6 Août 2018, a promis réformer la Commission électorale indépendante avant les échéances électorales de 2020. Comment cette nouvelle institution doit-elle fonctionner et être financée ? De qui doit-elle être constituée ? Notre contributeur donne des pistes de réflexion.

Par Epie Kelly

Souhaitée et attendue depuis de longues années, la réforme de la Commission électorale indépendante, la CEI va se faire selon le président de la République Alassane Ouattara « après les élections locales ».

Si on peut estimer que les élections locales seront terminées dans quelques semaines, on peut donc projeter pour 2019 la réforme de la CEI. A un an donc des élections présidentielles. Mais, le plus important pour cette réforme est qu’elle soit la moins politique possible.

En clair, la classe politique, à commencer par le président Alassane Ouattara, doit se tenir loin de la constitution de cette institution. Pour éviter un 2010 bis, les partis politiques ne doivent même pas être consultés. Comme les Ivoiriens, ils doivent simplement être informés.

Lire aussi : Comprendre le débat autour de la question de la CEI

La prochaine Commission électorale doit aussi être permanente avec des membres choisis pour leur probité et nommés à vie. Cette assurance obtenue, ils ne seront certainement pas à la solde des politiciens qui les tiendraient par la bourse.

La bourse justement est un point important. Il est clair qu’il est difficile d’être indépendant quand il faut aller pleurnicher auprès d’institutions et autres autorités pour avoir des fonds nécessaires à la tâche.

La prochaine CEI doit avoir une ligne claire et bien établie qui sera votée par l’Assemblée nationale. Tout comme le budget de l’Etat, il faut que la CEI ait une enveloppe qui lui sera exclusivement réservée.

Cependant, il serait mieux, comme avec les politiques de tenir les religieux et les chefs traditionnels loin de ce processus. Ils ont plusieurs fois prouvé, malheureusement qu’ils ne sont pas toujours des poches de moralité.

En sommes, la seule instance qui devrait être au début et à la fin de cette réforme est la société civile ivoirienne. Mais, pas n’importe laquelle. Les organisations engagées et loyales à l’intérêt des Ivoiriens doivent constituer l’ossature d’un Comité qui travaillera à la désignation des membres de la prochaine commission. Puis, comme des membres d’une Cour suprême, ceux-ci seront désignés à vie et choisiront par voie de consensus le président de l’institution qui pourquoi pas, pourrait être une femme.

Les membres de la CEI devront également être issus de toutes les régions de la Côte d’Ivoire avec une parité entre hommes et femmes. Pour ce qui est des agents, ils doivent être recrutés par voie de concours avant chaque élection.

En quelques lignes, nos propositions pour éviter de nouvelles violences en 2020 !

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