Observer – Discuter – Agir

0

Crise de l'école ivoirienne : à quand la fin ?

18 septembre 2018 - 17:09

A peine entamée que la rentrée scolaire 2018-2019 est teintée de violence. En cause, l'épineuse question des frais annexes soulevée par le puissant mouvement estudiantin la FESCI (Fédération Estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire). Pour notre contributrice, ces problèmes récurrents détruisent peu à peu le système éducatif ivoirien déjà fragilisé.

Par Carelle Laetitia

C’est au début des années 1990 qu’a débuté le déclin de l’école en Côte d’ivoire. Depuis lors, elle semble ne s'être jamais relevée. Pire encore, son état se dégrade.

Chaque rentrée des classes a été ponctuée de revendications parfois violentes. A chaque année académique son lot de soubresauts et d’interruptions, tant de la part des enseignants que de leurs apprenants. Et ironiquement comme dans un cercle vicieux, les problèmes sont les mêmes et restent inchangés. Des primes impayées, des promesses politiques non tenues, des frais de scolarité exorbitants, des conditions de travail inadéquates à l’apprentissage.

Lire aussi : EDITO : Jeunes Ivoiriens, formez-vous ! Décideurs, formez-les !

Comme pour souscrire à la funeste tradition, la rentrée scolaire à peine amorcée a été (encore) perturbée. Le mardi 11 septembre dernier, des éléments de la police nationale ont réprimé une manifestation de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) contre le coût jugé élevé des inscriptions en ligne dans les lycées et collèges mais également contre les frais annexes à l'inscription physique. 

Loin d’approuver ou de se porter avocat de cette association, des interrogations demeurent. Pourquoi l’école publique devrait-elle être de plus en plus chère dans notre pays ? Alors qu’elle devrait être gratuite pour permettre au plus grand nombre de pouvoir bénéficier du droit à l’éducation ? D’ailleurs, n’était-ce pas là l’un des arguments de campagne du Président de la République ? Il serait plus convenable de surseoir à cette double-inscription qui parait à notre sens inutile. L’inscription en ligne devant, à priori, pallier celle physique est devenue tout aussi obligatoire. Pourquoi ? A quoi servent ces frais annexes ? Autant de questions qui laissent perplexes les parents d'élèves. Ces frais ne serviraient-ils pas à alimenter la caisse noire d'« une mafia organisée » ? 

Dans un contexte social délétère comme le nôtre, faire porter des charges supplémentaires à des parents d'élèves dejà fragilisés par la cherté de la vie, dénote d'une absence d’une réelle politique sociale, ou du moins, d'une politique qui n’a existé que le temps d’une campagne électorale. Sur les traces de l'émergence et si on soldait, une fois pour toute, les problèmes qui immergent l'école ivoirienne ?

------------

Observateur Citoyen met en avant des citoyens qui ont envie de s'exprimer sur des sujets particuliers ou qui ont simplement des histoires engageantes à raconter. Leurs opinions ne reflètent évidemment pas celles du site Observateur Citoyen.

Vous aussi, vous voulez vous exprimer ? Ecrivez-nous par email (contact@observateurcitoyen.net), sur Facebook ou sur Twitter !

Tagline: 
Opinions

Réagissez à cet article