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Assemblées des Etats parties : Le Kenya s’oppose aux poursuites de chefs d’Etats devant la CPI

7 décembre 2018 - 20:12

Ouverte le 5 décembre 2018 à La Haye aux Pays-Bas, l’Assemblée des Etats parties de la Cour pénale internationale (CPI) se tient jusqu’au 12 décembre prochain. Parmi les déclarations d’ouverture, celle du Kenya a été l’une des plus critiques envers l’institution.

Par Abraham Kouassi (Envoyé spécial à La Haye)

Les Etats signataires du Statut de Rome, texte fondateur de la Cour pénale internationale (CPI) ainsi que plusieurs organisations non-gouvernementales prennent part depuis le 5 décembre 2018 à l’Assemblée des Etats parties de la CPI. 

Cette rencontre, véritable Assemblée générale de la Cour est marquée, comme lors des Assemblées des Nations Unies par des interventions des différents Etats. Ce jeudi 6 décembre 2018, plusieurs pays se sont prononcés sur l’action de la Cour et ses perspectives. Au nombre de ceux-ci, le Kenya.

Par la voix de Kennedy Obieto, le pays qui a vu son président être récemment face aux Juges de la Cour ne s’est pas montré tendre avec la CPI. Contrairement à ses prédécesseurs qui ont globalement loué le travail de la CPI, le représentant du Kenya a soulevé quelques griefs contre la Cour. Il a notamment souligné l’importance de l’immunité qui devrait être accordée aux chefs d’Etats.

« Un chef d’Etat jouit de l’immunité. Le Kenya sur ce point s’aligne sur la position de l’Union africaine », a-t-il affirmé. En outre, Kennedy Obieto s’est montré critique à l’endroit des équipes du Procureur. Selon lui, Fatou Bensouda a présenté des preuves qui « laissent à désirer du point de vue de l’éthique ».

Il a par ailleurs appelé à « des chefs d’accusation mieux définis » et à « plus de transparence et d’ouverture » de la part de la Procureure. Pour ce qui est de l’augmentation de budget souhaitée par la CPI, le Kenya s’y oppose.

« Le Kenya s’oppose à une augmentation du budget pour 2019. La Cour doit nous convaincre qu’elle mérite cette augmentation », a-t-il dit. Notons que les autres Etats dans leur ensemble ont appelé à une meilleure coopération des Etats avec la CPI ainsi qu’à la ratification du Traité de Rome par toutes les nations.

En marge de cet évènement, plusieurs side-events portant sur des pays en situations sont organisés notamment par des ONG. La Côte d’Ivoire est représentée à cette Assemblée par le Directeur de cabinet du ministre de la Justice.

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